LA CHAPELLE LAUNAY
Origine du nom  : de l'ancien français Capella de Anelto, la chapelle du lieu planté d'Aulnes.
Blason : La branche d'Aulnes évoque le nom de la commune, la couronne l'Abbaye de Blanche Couronne (même si blanche couronne signifie entourée d'un bois d'aulne au bois blanc, , le cours d'eau symbolise la Loire et le Damier herminé évoque le blason de la famille de Mareil .
Le Blason se lit au premier échiqueté d'argent et de gueules, les points d'argent chargés chacun d'une moucheture d'hermine. Au second parti : d'azur à une couronne marquisale d'or, d'argent à une branche d'aulne de sinople posée en barre; à la pleine ondée burelée d'argent et d'azur de quatre pièces brochant sur le parti.

blason

 


Le Trésor de la Chapelle Launay

Enfouir son argent en terre constituait dans l'Antiquité le plus sur moyen de le préserver. A la suite de la découverte, vers 1904, de monnaies, lors du ratelage des grains, un érudit local, M. Vigneron de la Jousselandière, fit creuser le champ. Fin 1906, on découvrit les restes d'une céramique brisée par la charrue qui contenait 3000 à 4000 pièces en billars. Les dernières pièces sont au nom d'Aurélien (270-275) ce qui permet de dater l'enfouissement des troubles des années 270-275.. Parmis les monnaies figuraient 39 deniers en assez mauvais état des Antonins (2ème siècle), un unique aureus au nom de l'usurpateur Postumus (empereur gallo-romain qui fit preuve de sécession avec Rome), une bague en or portant les lettres RIC sur le chaton (troublant non !!!) et 7 cuillères en argent.

A la Chapelle Launay apparaissent des imitations radiées au nom de Tétricus, de frappe locale vraisemblablement de Donges, véritable monnaie de nécessité en période de disette monétaire (valeur fiduciaire). Ce trésor réunit à la fois d'ancien deniers, une monnaie d'or et au moins 600 imitations.

Source : Musée Dobrée


Le Moyen Age

Comme en témoigne les vieux documents, l'origine de la Chapelle Launay est très ancienne.

L'Abbaye de Blanche-Couronne est fondée au XIIème siècle. C'est de 1161 que date le premier document sur l'Abbaye de Blanche Couronne. Elle abrita des Moines jusqu'à la révolution. La paroisse est citée un deuxième fois pour un litige fiscal entre un seigneur et un prieur en 1188. La paroisse est citée une troisième fois en 1283 dans un acte de donation entre Noble Dame Constance de Pontchâteau et l'Abbaye de Blanche-Couronne. Une Chapellenie y fut fondée en 1329 par Hilaire Seigneur de Mareil.

Le premier nom connu est Alnetus, déformation d'Alneus, l'aulne, cette arbre connu pour son bois blanc. Le nom a varié au cours des 12ème et 13ème siècles, puisque dans le cartulaire de Blanche-Couronne en 1259, elle est appelée Altentum, puis, dans le cartulaire de Redon en 1287, Capella de Alnéto et aussi Capella de Auneio, pour devenir à une époque plus récente (vers 1600) Chapelle de l'Aulnaye et enfin Chapelle de Launay. A priori la présence des Aulnes a aussi donné son nom à l'Abbaye Blanche couronne, c'est à dire l'abbaye entourée de sa couronne de bois blanc.

La paroisse avait autrefois 4 frairies : Mareil, la Montagne, la Touche Haute et la Touche Basse. Ne serait-ce pas la raison pour laquelle le territoire actuel a cette forme allongée que nous lui connaissons, plongeant dans la Loire pour remonter, au-delà du Sillon, aux portes de Campbon.

Les anciennes maisons nobles sont : Mareil, antérieure au XIIIème siècle et la Baratterais. La Chapelle Launay était partagée entre 2 juridictions seigneuriales qui exerçaient toutes les deux la haute justice. L'une était la Seigneurie de Mareil qui possédait notamment les métairies de la Haie de Maure, de la Chicaudais, de la rue d'Appée et de la rue de Bas (La famille RICORDEL a séjourné pendant plusieurs générations dans cette dernière). L'autre était l'abbaye bénédictine de Blanche-Couronne. L'abbaye continua même aprés le départ des Moines a prélever des revenus importants (1844 Livres), presque aussi importants que ceux qui faisaient vivre le curé et le vicaire (1954 Livres).

Suite à mes diverses lectures, je propose pour ma part aux lecteurs une partition de la Chapelle Launay en 3 juridictions. En effet, depuis tous petit on me parle de la Basse Chapelle et du bourg, avec d'ailleurs une certaine connotation sociale, comme deux entités distinctes. Mais cette partition est peut-être plus que géographique :

  •  La seigneurie de Mareil comme vassal d'un plus grand ensemble la Vicomté de Donges. La Vicomté de Donges en effet s'étend le long de l'estuaire au moins de Donges à Cordemais. Je n'imagine pas que la vicomté est eut une discontinuité au niveau de la Chapelle Launay. La Vicomté de Donges avait pour but la protection de l'estuaire. Vicomté d'ancienneté, Donges relevait directement du duc de Bretagne et plus tard du roi de France, sous leur juridiction de Nantes. A l'origine cette vicomté comprenait la châtellenie de Saint-Nazaire et la seigneurie de Lavau, qui en furent démembrées d'assez bonne heure. Plus tard, à la fin du XVIème siècle, la baronnie de la Roche en Savenay fut annexée à la vicomté de Donges, mais sans lui être régulièrement unie ; aussi parlerons-nous plus loin seulement de cette baronnie.
    La haute justice de Donges s'étendait en dix paroisses : Donges, Montoir, Cordemais, Crossac, Prinquiau, Lavau, Pontchâteau, Savenay, Malleville et le Temple-Maupertuis. Je n'ai pas trouvé de document montrant de lien avec Mareil a ce jour.

  • L'Abbaye de Blanche Couronne comme pivot central, avec un territoire peut être restreint sur la commune, mais possédant de nombreuses terres incluses dans les seigneuries alentours, administrées par ses prieurés.

  • La Chatellenie de Campbon, incluant le nord de la Chapelle Launay et particulièrement le bourg, avec pour centres de gravité successifs Pontchâteau , Blain, Coislin.

    La Paroisse de la Chapelle Launay est donc anachronique par son manque d'unité territoriale (forme allongée) et politique ( plusieurs juridictions). L'union de la Basse Chapelle et du Bourg s'est peut être faite lors de la création de l'Abbaye de Blanche Couronne qui aurait servi de trait d'union. La Basse Chapelle est plus proche de Lavau que de la Chapelle Launay, ce qui a du conduire notamment à la construction des chapelles de Mareil et du Fresne.


  • 1468 - François II

    En juin 1468 François II rabat les fourrages des paroisses suivantes:
    Aux paroissiens de Thouvais qui ont supporté dommages par nos gens d'armes qui y ont passé et séjourné en celle paroisse et aussi ceulx de la Chapelle de Launay et de Saint Gile près de cliszon qui sont dépopulés à cause de la mortalité, la quarte partie de leurs portions dudit fourrage. En 1488 le duc FrançoisII établit une garnison à Mareil commandée par Guillaume Manhugeon, en bordure de Loire pour protéger l'estuaire.


    1563 - Poncet du Dreseuc

    Inventaire après décés de la Haie de Maure


    1565 - François du Cambout

    Acte de vente du 07 Avril 1565 :
    "De chambez pour lui (...), Baron de Pontchateau a vendu à François du Cambout, seigneur de Coislin scavoir est la seigneurerie, terre, juridiction et Chatelainie de Cambon, ainsi qu'elle se contient et se poursuit es paroisses de Campbon, la Chapelle Launay, Quilly et Guenret. Et autres appartenances et dépendances de la dite Chatelainie de Cambon. En quelque lieu fief et juridiction qu'ils soient situés et assis tant en maisons, terres, rentes par denier, bled (blé), avoines, poules, chapons, poulds, moulins, marets, pêcheries, garennes, prés, bois, frots, gats, communs, droits de juridiction haute, moyenne et basse, ventes, lods (...) , droits de patronnages, prééminences d'églises, biens, corvées et autres droits seigneuriaux." François du Cambout en fait hommage au roi en 1618.
    La Chatellenie resta dans la branche ainée de la famille du Cambout jusqu'en 1732, date du décès de son possesseur, Henry, Evèque de Metz. Testament
    Après 2 ventes succesives, elle restera aux mains des vicomtes de Carheil, la branche cadette des Cambouts jusqu'à la révolution.

    Source : Association historique du pays de Campbon.


    Les Aléas de la Météo

    Un hiver terrible survint à la fin de 1708. Il fut si violent qu'une grande partie des oiseaux périrent de froid. Diverses espèces d'arbres, les pins , les noyers, les abricotiers, les houx, les ajoncs furent détruits. Les céréales ayant manqué la disette se fit sentir. Le froment valait au mois de décembre 20 livres le quart. Le peuple des campagnes était réduit à la plus affreuse misère. Plusieurs morts de faim. Les pauvres pour se nourrir se disputaient les racines des fougères d'asphodèle de ciblus et de pirote. Cet état dura jusqu'au milieu de l'année 1710.


    Une sécheresse peu commune en été 1785. Il ne tomba pas d'eau de février à Août. L'hiver avait été loin d'être pluvieux. Mauvaise récolte, pas de fauchage des blés ont conduit à une mortalité de bestiaux. Dans tous les villages il s'établissait des boucheries ; on tuait les animaux de peur de ne pouvoir les nourrir. Presque tous les chevaux périrent. Sans les choux et les navets que les pluies de la fin du mois d'Août permirent d'ensemencer, il est à présumer que tous les bestiaux eussent péris.

    (Registres paroissiaux C-L)

    La Fabrique


    La révolution

    Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la Chapelle Launay dépend du Duché de Coislin.
    Avec 1400 communiants recensés par Ogée (Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, 1780), c'est une population de l'ordre de 1500 à 1700 habitants que comptait la Chapelle Launay en 1789. Si l'on en croit Huet, cette population serait tombée à 1076 en 1800. Un tiers seulement de ses 2482 hectares était cultivé, le reste étant occupé par les prés, les marais, les landes et les bois. C'est à dire que la principale activité était celle de l'élévage, qui justifiait, au 19e siècle, 2 foires annuelles (les 4 mai et 9 octobre).
    Le curé de la Chapelle Launay était alors Pierre Aoustin. En 1789, il avait 53 ans et occupait la cure depuis 4 ans. Il refusera la constitution civile du clergé et sera déporté en Espagne. Il revient en 1796.

    1789 - Le cahier de doléances

    Samedi 2 février 1793, Audubon (Père du naturaliste), commissaire de la république pour le district de Savenay, se rend à Campbon. En passant par la Chapelle Launay, il fut le témoin des préparatifs d'un rassemblement religieux dissident. C'était le jour de purification de la Vierge. Audubon était accompagné du citoyen Meignen, vice président du directoire du district, qui put lui donner quelques explications. Voici commentles faits son relaté:
    "Pendant notre séjour à la dite Chapelle,nous avons vu venir de toute part une influence de monde et autour de l'église des marchands de gâteaux, pains aux laits et autres. Nous avons demandé ce que projettait cette assemblée. L'on nous a répondu qu'ils se rendoit de cette manière toute les fêtes et dimanches pour y dire la messe à leurmanière, ce que nous avons vérifié, en entrant dans la dite Chapelle, ou la lampe était allumée, et les cierges prêts à l'être, comme s'il devait se rendre un corps entier d'écllésiastiques, la bannières était déployée et l'on alloit procéder par la procession.
    Sur les informations que ces préparatifs nous ont fait prendre, l'on nous a dit qu'il n'y aurait point de prêtres, surtout de ceux asermentés, mais seulement un nommé RIALLOT qui en fait les fonctions et les cérémonies et est sans doute autorisé par ce qu'ils appellent les bons prêtres, à faire toutes les cérémonies, des célébrations de la messe, les baptèmes et mariages, lorsqu'ils ne peuvent se procurer de ces mêmes bons prêtres ou qu'ils sont veillés de trop près.

    Audubon a été envoyé pour collecter des renseignements sut l'état civil, moral et politique, ainsi que le renouvellement de quelques municipalités. Des élections ont eût lieu en Décembre mais beaucoup ont été annulées pour irrégularités dans la forme. Surement un prétexte masquant le refus des patriotes révolutionnaires de reconnaître des municipalités de tendance aristocratiques.Peine perdue d'ailleurs,car les résultats des nouvelles élections furent semblables aux précédentes.
    Les municipalités était représentative de la majorité de la population : elle se composait de laboureurs, de quelques commerçants, mais pas de bourgeois, donc pas d'ardents révolutionnaires.

    Le 5 février, Audubon convoque les municipalités de la Chapelle Launay et Prinquiau dans cette dernière. Son discours civique n'a pas d'effet, "étant tous endoctrinés par leurs infernales bons prêtres". Ses interlocuteurs se plaignirent des impositions foncières et mobilières "disant qu'ils en payoient beaucoup dans l'ancien régime". Questionnés s'ils avaient désarmé quelques gens suspects, ils répondirent "Non, en ce sens qu'il le sont tous" . Audubon les trouva d'une aristocratie dangereuse que peu de choses révolteraient. Ils refusèrent le serment et Audubon de conclure :" Nous nous sommes retiré le coeur navré de douleur d'avoir été obligé de nous trouver en aussi mauvaise compagnie de contre révolutionnaires et d'infernales aristocrates".
    Le 12 mars c'est l'insurrection, 18 gardes nationaux arrivent de Lavau, paroisse bien controlé par son prête asermenté, pour venir au secours de Savenay. Ils seront tous fusillés.Le directoire doit s'enfuir de Savenay, les patriotes restant sont emprisonnés aux halles le 13. Le 14 les insurgés se retirent et tiennent 3 semaines Savenay jusqu'à l'arrivée de la garde nationale en provenance de Rennes. Nantes était un îlôts républicain au milieu des campagnes révoltés.

    Source : Association historique du pays de Campbon.


    La Bataille de Savenay

    Le 23 Décembre 1793 c'est la bataille de Savenay. Les derniers éléments de l'armée vendéenne résistent pour couvrir la retraite de quelques survivants notamment dans les bois de Blanche Couronne.


    1900

    La Chapelle Launay
    Commune de 1454 habitants du canton de Savenay dont elle est distante de 3 kilomètres, de 22.5 kilomètres de St-Nazaire et 38 kilomètres de Nantes.
    Population agglomérée au bourg : 236 habitants
    A la Galernais se trouve une source d'eau minérale.
    ( Monographie des communes de Loire-inférieure par BRUNEAU en 1904)


    Guerre 14-18

    En 1917 l'amérique entre en guerre au côté des alliés. Savenay est une base arrière ou est construit notamment un barrage pour l'alimentation en eau de l'hôpital militaire dans l'ancienne école normale. Sur la chapelle launay passe une voie de chemin de Fer par la Vallée Mismi dont on voit toujours la levée de terre.


    La poche à la Chapelle Launay

    Dés le début de la guerre en 1939, les Anglais installent un important camp à la Berthelais. De nombreux réfugiés espagnols ayant fui leur pays après la victoire de Franco, participent à sa construction. Des quantités importantes de matériels et devivres y sont stockées. En juin 1940, les Anglais quittent précipitament le camp qui est livré au pillage. Avec l'occupation, le camp est utilisé d'abord pour le regroupement de prisonniers français, dans des conditions difficiles, avant le départ pour l'Allemagne, puis ensuite un vaste dépôt pour l'armée Allemende.


    Un cimetière allemand fut établi dans un petit champ, propriété de monsieur Aupiais, derrière la mairie prés du mur du cimetière communal. On y enterra plus de 100 soldats allemands tués dans les combats du front entre Malville et la Loire. Un soldat américain y fut aussi enterré avec les mêmes honneurs: 3 salves de fusils et 1 minute de silence. Ce cimetière fut transféré plus tard à Pornichet.

    Les troupes allemandes de ce secteur étaient commandés par un colonel SS et son état-major qui résidait au camp de la vallée Mismy. Les gens de la Chapelle Launay se souviennent d'un certain Kurt bien connu pour sa méchanceté. Le camp a été construit par l'entreprise TODT avec le concours des prisonniers et des réquisitionnés un camp de repos pour les officiers et mariniers de la Kriegsmarine de la base sous-marine de Saint Nazaire.

    Le 11 Mai 1945 a lieu la reddition de la poche à Bouvron.


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